Archive pour la catégorie 'd'autres en parlent'

Lu ailleurs: “LicenciĂ©s au Tagi parce que syndicalistes”

Mardi 23 juin 2009

“Nous sommes un pays dĂ©mocratique, pluraliste, civilisĂ©, fondĂ© sur le partenariat social. Les militants syndicaux, on ne les bute pas en Suisse: on les licencie.”

“Le plus grand groupe de presse de Suisse, Tamedia, a licenciĂ© les deux prĂ©sidents des commissions du personnel de ses deux principaux quotidiens payants, le “Tages Anzeiger” et le “Bund”. Officiellement, leur activitĂ© syndicale n’y est pour rien: ils font simplement partie d’une charrette de soixante licenciĂ©s pour raisons Ă©conomiques (alors que le groupe a rĂ©alisĂ© 106 millions de bĂ©nĂ©fices en 2008). Mais, malencontreux hasard, ils ont Ă©tĂ© licenciĂ©s deux jours après une manifestation d’employĂ©s des deux journaux, en plein processus de fusion.”

“Un hasard, on vous dit. Et contre le hasard, que peut le gouvernement, Ă  part signer un «partenariat» pour dĂ©fendre les droits syndicaux chez les autres ? Le Conseil fĂ©dĂ©ral refuse de prĂ©voir dans la loi suisse la rĂ©intĂ©gration des syndicalistes licenciĂ©s parce que syndicalistes.”
(Extrait de l’éditorial de Pascal Holenweg sur son blog http://causetoujours.blog.tdg.ch)

Lettre ouverte à Luc Petitfrère, responsable du Matin online

Dimanche 15 mars 2009

Nous rĂ©percutons ici une initiative de l’auteur du blog romand d’observation des mĂ©dias Piques et rĂ©pliques:

Monsieur le rédacteur,

Ces dernières semaines, votre site Internet a publiĂ© Ă  trois reprises avec fracas et gros titres des informations qui se sont avĂ©rĂ©es rapidement fausses pour l’essentiel. Vous avez annoncĂ© qu’une jeune femme avait Ă©tĂ© agressĂ©e et lacĂ©rĂ©e au cutter par des skinheads, puis qu’un enfant de 5 ans avait poignardĂ© sa sĹ“ur pour un jeu vidĂ©o. Comme si cela ne suffisait pas, alors que vous auriez dĂ» commencer Ă  vous mĂ©fier de ce genre de choses, vous avez encore affirmĂ© qu’un inconnu avait fait irruption dans un parking et tuĂ© une jeune fille Ă  bout portant sans raison apparente.

Bien sĂ»r, d’autres journaux et sites Internet ont Ă©galement rapportĂ© ces fausses informations. Toutefois, seul votre journal l’a fait Ă  chaque fois et surtout sans user ni de points d’interrogation, ni du conditionnel, ni en Ă©mettant des rĂ©serves quant Ă  la vĂ©racitĂ© des faits. Vous semblez donc prĂŞt Ă  persister sur la mĂŞme voie et Ă  continuer Ă  publier rĂ©gulièrement de pareilles allĂ©gations comme si elles Ă©taient d’ores et dĂ©jĂ  confirmĂ©es. C’est contre toute dĂ©ontologie journalistique.

Mais vous ne vous contentez pas de publier impunĂ©ment des informations frelatĂ©es. En effet, lorsque des internautes viennent Ă©voquer ces manquements en inscrivant un commentaire critique sur votre site, vous vous dĂ©pĂŞchez de le faire disparaĂ®tre, pratiquant ainsi la censure plutĂ´t que la modĂ©ration. J’ai moi-mĂŞme fait l’expĂ©rience de votre pratique lundi passĂ© en intervenant Ă  plusieurs reprises pour signaler que les informations publiĂ©es Ă©taient rĂ©gulièrement fausses. A chaque fois, mes messages ont Ă©tĂ© supprimĂ©s alors qu’ils ne contenaient aucun propos contraire Ă  la charte de votre site. Finalement, vous avez mĂŞme Ă©tĂ© jusqu’Ă  supprimer mon identifiant.

Par contre, vous tolĂ©rez sans aucune difficultĂ© un nombre invraisemblable de messages haineux et d’Ă©changes rĂ©pugnant parmi ces commentaires. Vous semblez ainsi favoriser l’expression d’Ă©motions agressives au dĂ©triment des critiques rationnelles affectant vos Ă©crits. Je tiens d’ailleurs Ă  prĂ©ciser que je me fais aussi le porte-parole des nombreux internautes qui dĂ©noncent votre pratique de la censure et qui voient eux aussi rĂ©gulièrement leurs messages disparaĂ®tre. On a donc droit Ă  deux marques de manque de respect vis-Ă -vis du lecteur : les informations non fondĂ©es, puis la sĂ©lection très discutable des commentaires. Ces pratiques injustifiĂ©es ne font pas honneur Ă  votre profession.

Je souhaiterais vraiment que vous ayez l’obligeance et le courage de prendre position clairement sur les faits Ă©noncĂ©s ici. En espĂ©rant que vous aurez la courtoisie de me rĂ©pondre, je vous prie d’agrĂ©er, Monsieur le rĂ©dacteur, mes salutations distinguĂ©es

Daniel Schöni Bartoli
pour commenter, cliquer ici

Il veut expliquer les raisons de son départ aux lecteurs. Le journal refuse

Samedi 24 janvier 2009

Une lettre de Bernard Walter, ancien rédacteur responsable du Monde du travail

Je soumets mon histoire Ă  infoendanger parce qu’elle soulève Ă  mon sens d’importantes questions de principe.

Voici de quoi il s’agit.

J’ai Ă©tĂ© rĂ©dacteur responsable du Monde du travail, journal du Mouvement populaire des familles (Mpf), d’avril 2006 Ă  fĂ©vrier 2008.
Suite Ă  une divergence Ă  rĂ©pĂ©tition, et me trouvant minorisĂ© dans le groupe de rĂ©daction du journal, j’ai quittĂ© celui-ci. En quelques lignes, Ă  la suite de mon dernier article datant du mois de mars 2008, j’ai expliquĂ© les raisons de mon dĂ©part.
Voici ce que j’avais Ă©crit:

«Suite à un désaccord durable au sein de la rédaction du Monde du travail concernant une critique très ciblée et répétée du régime chinois et de ses pratiques des droits humains, dont on peut voir la teneur dans le numéro de janvier dernier, et défendant un point de vue minoritaire, j’ai le regret de quitter le journal. Je souhaite bonne route à toute l’équipe de rédaction.»

Ces lignes ont Ă©tĂ© supprimĂ©es sans que j’en sois avisĂ©.

C’Ă©tait donc une explication très simple, sans aucun caractère polĂ©mique. Dans le numĂ©ro de janvier, deux articles contradictoires avaient Ă©tĂ© publiĂ©s cĂ´te Ă  cĂ´te sur ce qui constituait pour moi l’essentiel du problème, je n’avais donc pas besoin d’y revenir dans l’information que je donnais sur mon dĂ©part.
D’ailleurs le fait que ces deux articles aient Ă©tĂ© publiĂ©s, donnant la position de chacun, Ă©tait pour moi satisfaisant, et j’estimais que les choses Ă©taient ainsi transparentes. C’Ă©tait sans compter sur l’obstination d’un des membres de la rĂ©daction qui est revenu avec ce sujet en fĂ©vrier. Et nous voilĂ  repartis dans une discussion sans fin, oĂą je me trouvais seul de mon point de vue.

Pourquoi serions-nous forcĂ©s de nous comprendre? Si je me sens devant un mur, et que pour moi, il s’agit de questions essentielles, je n’ai qu’Ă  m’en aller. C’est ce que j’ai fait.
Mais si je m’en vais, comme pour toute personne qui quitte une organisation, je veux bien entendu que les gens appartenant Ă  cette organisation connaissent mes raisons. A plus forte raison si je suis le rĂ©dacteur responsable d’un journal.
C’est une question d’honneur. Je suis un homme de conviction, et je ne quitte pas comme ça, sans autres, un journal, surtout si celui-ci s’engage pour une sociĂ©tĂ© diffĂ©rente.

Je dois mentionner ici un élément important de mon désaccord.
La dĂ©nonciation des atteintes aux droits de l’homme par un membre de la rĂ©daction tirait ses sources des publications du Falun gong. (C’Ă©tait en novembre 2007). Après quelques recherches, je suis parvenu Ă  la conclusion que ce mouvement n’est autre qu’une secte travaillant d’ailleurs main dans le main avec le gouvernement des USA.
J’avais demandĂ© que au moins on retire de l’article la rĂ©fĂ©rence Ă  un reprĂ©sentant au Congrès amĂ©ricain de l’ultradroite, un certain Rohrabacher, lequel, fervent partisan des guerres en Irak et Afghanistan, qualifie l’Etat chinois d’Etat criminel. L’argument que j’ai toujours dĂ©fendu est que les puissances occidentales qui violent les principes Ă©lĂ©mentaires du droit international n’ont de leçon Ă  donner Ă  personne. (Cf Jean Ziegler «La haine de l’Occident»p.13: «Compte tenu des crimes prĂ©sents et passĂ©s commis par l’Occident, elle [Sarala Fernando, ambassadrice de Sri Lanka auprès de l’ONU] tient pour parfaitement indĂ©cent l’invocation des droits de l’homme par un ambassadeur occidental – en quelque circonstance que ce soit. [Beaucoup] de ses collègues pensent exactement comme elle.»)
Ceci m’a Ă©tĂ© refusĂ©, ce Rohrabacher est restĂ© dans l’article, ce qui est pour moi une vilaine tache dans le journal, dont j’Ă©tais «rĂ©dacteur responsable».
On m’a reprochĂ©, en la circonstance de vouloir pratiquer la censure. On m’a reprochĂ© en outre d’aller vĂ©rifier par derrière ce qu’un collègue Ă©crivait.

J’ai exprimĂ© mon point de vue de façon argumentĂ©e Ă  plusieurs reprises auprès de la rĂ©daction du journal et au comitĂ© romand du Mpf. Les seuls arguments que j’ai obtenus en retour ont Ă©tĂ© le fait du secrĂ©taire du mouvement. Ils sont au nombre de trois.

1.Je suis un peu atterré que tu mélanges tout.
2.Je ne ferai pas de commentaires, cela vaut mieux.
3.Tu ne comprends pas tant pis. Mais c’est mieux pour toi.

Et voilĂ . L’information a Ă©tĂ© donnĂ©e aux lecteurs dans le numĂ©ro de mai: «Bernard Walter a pris la dĂ©cision de quitter le journal.» Avec plein de gentilles choses en plus, du style «nous avons apprĂ©ciĂ© son apport de qualité» «nous le remercions sincèrement pour cette collaboration trop courte».
Donc le rédacteur responsable est parti. Comme ça. Sans même se donner la peine de donner une explication.
Je peux imaginer la rĂ©action du lecteur: «On croyait que ce type Ă©tait sĂ©rieux» «Il a fait quoi?» «C’est un peu lĂ©ger, se tirer comme ça sans raison.» Que ce soit une atteinte Ă  ma personne est une chose. Mais en plus, ça ne fait pas de bien au mouvement.
Personne dans le mouvement n’a rĂ©agi. Aucun d’entre eux, tous des gens porteurs de bonnes intentions, n’a de quoi ĂŞtre fier.

Pour faire bref, le journal a refusĂ© totalement de publier les quelques lignes oĂą je m’expliquais sur mon dĂ©part malgrĂ© mes demandes rĂ©pĂ©tĂ©es au nom de la dĂ©ontologie la plus Ă©lĂ©mentaire. «Je pense que les principes de base de la dĂ©ontologie du journalisme vous y obligent» ai-je Ă©crit. Le secrĂ©taire du mouvement m’a finalement assurĂ© qu’il s’en remettrait Ă  la dĂ©cision finale du comitĂ© qui devait se tenir en juin et que j’en serais informĂ© par courrier Ă©lectronique. Je n’ai jamais rien reçu.

VoilĂ . Je ne fais pas de tout cela une question de personne.
Ce que je trouve grave, c’est bien sĂ»r l’atteinte aux principes d’une information correcte et Ă  la pratique d’un fonctionnement dĂ©mocratique qu’une telle façon de procĂ©der suppose.
Mais ce qui m’a le plus gĂŞnĂ© dans cette histoire, c’est que justement cela s’est passĂ© lĂ  oĂą ça ne doit pas se passer. Parce que le Mpf est un mouvement d’une entière indĂ©pendance politique, financière et Ă©conomique. Et que donc son luxe est d’ĂŞtre libre, son luxe est de pouvoir s’exprimer, sans avoir Ă  en rĂ©fĂ©rer Ă  de quelconques instances extĂ©rieures. Et parce que c’est un mouvement engagĂ© pour une sociĂ©tĂ© diffĂ©rente.
Le fait que des personnes censĂ©es ĂŞtre Ă©clairĂ©es et se pensant telles puissent pratiquer de cette manière la loi du silence et la peur d’un vrai dĂ©bat, comme les poules cachent leur tĂŞte sous l’aile, c’est quelque chose qui m’a beaucoup Ă©tonnĂ© et m’a laissĂ© dans une grande perplexitĂ©.

Bernard Walter, Le Sentier

Réponse à Bernard Walter, par Jean Blanchard, secrétaire général du MPF

La démission de Bernard Walter de son poste de rédacteur responsable du Monde du travail, le journal du Mouvement populaire des familles (MPF), a pour origine une divergence sur la dénonciation des violations des droits de l’homme en Chine. Le Monde du travail n’étant pas un organe dogmatique, il a tout de même pu exprimer sa position sur le sujet dans un article paru en janvier 2008  (pages 6 et 7) en parallèle à l’opinion majoritaire du comité de rédaction.

C’est par la suite que Bernard Walter a décidé de quitter ses fonctions au journal et a aussi démissionné du comité romand du MPF. Dès lors, il n’a plus participé aux instances du mouvement quand bien même la séance suivante du comité romand a pris connaissance de sa lettre de démission et faisait donc office d’instance de recours. De même, il aurait pu saisir le congrès du mouvement des 24 et 25 mai 2008 où il était invité comme tout membre du MPF et où les motifs de sa démission ont été communiqués aux participants.

En revanche, la publication de ces motifs dans le journal a été clairement refusée, tant par le Comité de rédaction que par le Comité romand du MPF, pour la raison essentielle que le journal n’est pas un bulletin interne du mouvement mais un vrai journal et que, pour cette raison, les causes de nomination et de départ du rédacteur responsable ou les changements au sein du comité de rédaction n’ont jamais fait l’objet de publication. Ces éléments sont discutés dans les instances du mouvement.

Pour le MPF, cette affaire est close.

Pour le comité de rédaction et le Comité romand du MPF

Jean Blanchard
Secrétaire général du MPF

Une pĂ©tition pour sauver “Der Bund”

Mardi 13 janvier 2009

Le quotidien “Der Bund” est une part de Berne. Créé il y a 160 ans, il entretient la vie politique, économique, culturelle et sociale du canton. Cette institution est pourtant sérieusement menacée. Si rien n’est entrepris, en mars 2009 le couperet pourrait tomber, condamnant le journal à cesser de paraître dans sa forme actuelle. En effet tout porte à croire que le groupe Tamedia mettra à exécution son plan de fusion des titres  “Der Bund” et “Berner Zeitung”. Un nouveau monopole de presse serait ainsi créé au détriment de la qualité de l’information.

Sauvez le “Bund”! Un comité où figurent des parlementaires fédéraux, des personnalités de la finance et des artistes s’est constitué pour empêcher la mort du quotidien bernois. Une pétition circule sur le site www.rettet-den-bund.ch , qui vise à réunir un maximum de signatures. En vue de soutenir des actions ciblées, des dons peuvent être versés au CCP 60-577443-6

Le rĂ©dacteur en chef de L’Express et L’Impartial est exclu de l’Association neuchâteloise des journalistes

Dimanche 30 novembre 2008

L’Association neuchâteloise des journalistes nous a fait parvenir le communiquĂ© suivant:

“L’Association neuchâteloise des journalistes (ANJ) condamne les agissements de la direction de la SociĂ©tĂ© neuchâteloise de presse (SNP) et exclut de ses rangs le rĂ©dacteur en chef des deux quotidiens neuchâtelois. Elle regrette que le canton ait dĂ» refuser l’octroi du chĂ´mage partiel.”

“RĂ©unis en assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale ordinaire Ă  Cortaillod (NE), les membres de l’Association neuchâteloise des journalistes (ANJ), section d’Impressum, ont pris note des dĂ©cisions prises par la direction de la SociĂ©tĂ© neuchâteloise de presse (SNP) Ă  l’issue du mouvement de grève de la rĂ©daction des quotidiens « L’Express » et « L’Impartial ». La totalitĂ© du personnel rĂ©dactionnel, exceptĂ© ses membres alors en vacances ou en arrĂŞt maladie, a vu son salaire de novembre amputĂ© de l’Ă©quivalent d’un jour de travail. En outre, trois collègues ont Ă©tĂ© dĂ©mis de leurs fonctions d’adjoints Ă  la rĂ©daction en chef. Pour deux d’entre eux, la mesure impliquera, Ă  l’issue des mois de dĂ©dite applicables, une perte salariale permanente. En outre, elle affaiblit clairement le staff chargĂ© de piloter la nouvelle formule du journal, censĂ© miser sur la qualitĂ© d’une information rĂ©gionale que dit vouloir viser le rĂ©dacteur en chef Nicolas Willemin.”

“L’ANJ dĂ©nonce avec vigueur les pratiques directoriales de la SNP, de nature Ă  dĂ©stabiliser le personnel des rĂ©dactions et Ă  prĂ©tĂ©riter l’avenir mĂŞme des deux quotidiens.”

“En ce qui concerne le dĂ©classement de StĂ©phane Devaux, dĂ©lĂ©guĂ© de la SociĂ©tĂ© du personnel des rĂ©dactions de « L’Express » et de « L’Impartial » (Sprei), l’ANJ constate qu’elle sanctionne un rĂ©dacteur rĂ©gulièrement Ă©lu par le personnel pour le reprĂ©senter. La sanction qu’il subit, mĂŞme si deux collègues non-membres de la dĂ©lĂ©gation sont Ă  la mĂŞme enseigne, est indĂ©niablement de nature Ă  dissuader Ă  l’avenir d’autres collègues d’accepter un tel mandat, pourtant prĂ©vu par la Convention collective (CCT) qui lie l’Ă©diteur et Impressum. En tant que telle, cette sanction constitue une tentative d’intimidation inadmissible contre un porte-parole qui n’a fait qu’accomplir loyalement le mandat qui lui a Ă©tĂ© confiĂ©.”

“Les agissements de la direction de la SNP ne respectent au demeurant ni l’esprit, ni la lettre des relations entre partenaires sociaux. En prenant de telles mesures, la direction viole le principe de la bonne foi. L’ANJ s’indigne que l’un des signataires d’une convention s’autorise, quelques jours après l’avoir signĂ©e, Ă  prendre des mesures unilatĂ©rales hostiles Ă  l’autre partie.”

“L’ANJ dĂ©plore que la direction de la SNP, au lieu de calmer le jeu et de se battre pour recrĂ©er un climat de travail le plus sain possible – dans l’intĂ©rĂŞt mĂŞme de l’entreprise – ait choisi la voie de l’humiliation et de la division.”

“L’ANJ exige que ces dĂ©cisions soient annulĂ©es et que les Ă©ventuelles restructurations et redĂ©finitions de postes soient l’objet d’un moratoire jusqu’à plus ample informĂ©e sur le projet rĂ©dactionnel.”

“Enfin, l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’ANJ a votĂ© par 38 oui et une abstention l’exclusion de Nicolas Willemin, rĂ©dacteur en chef de « L’Express » et de « L’Impartial », de sa qualitĂ© de membre de l’ANJ. La dĂ©cision est motivĂ©e par le fait qu’en se rangeant totalement du cĂ´tĂ© de la direction gĂ©nĂ©rale de la SNP, dont il est par ailleurs membre de plein droit, Nicolas Willemin n’a plus sa place dans notre association.”

Association neuchâteloise des journalistes

GrĂ©vistes sanctionnĂ©s Ă  L’Express et L’impartial

Vendredi 28 novembre 2008

La dĂ©lĂ©gation de la sociĂ©tĂ© du personnel des rĂ©dactions de L’Express et L’Impartial (Sprei) a rencontrĂ© Jacques Matthey, directeur gĂ©nĂ©ral de la SNP, mercredi 26 novembre 2008 à 16h30.

Ce dernier lui a communiqué les informations suivantes concernant les conséquences de la grève débutée vendredi 14 novembre à 15 heures.

La direction de la SNP a décidé une retenue de salaire de 1 jour complet pour chaque gréviste, au prorata du temps de travail.
Jacques Matthey a pourtant reconnu que le prĂ©judice Ă©conomique de la grève Ă©tait “faible” pour l’entreprise. Les recettes publicitaires n’ayant pas Ă©tĂ© touchĂ©es.

La Sprei regrette ces mesures de rĂ©torsion qui ne vont pas dans un sens d’apaisement entre la direction et les membres de la rĂ©daction. Elle dĂ©plore que la direction de la SNP, au lieu de calmer le jeu et de se battre pour recrĂ©er un climat de travail le plus sain possible – dans l’intĂ©rĂŞt mĂŞme de l’entreprise – ait choisi la voie de la sanction et de la division.

Elle regrette Ă©galement la dĂ©cision de dĂ©mettre trois collègues de leurs fonctions d’adjoints Ă  la rĂ©daction en chef. Jacques Matthey a justifiĂ© leur dĂ©classement par le fait qu’un cadre doit se ranger du cĂ´tĂ© de la direction, et que ce “statut hybride” ne pouvait ĂŞtre maintenu.

La Sprei condamne la décision prise par la direction de sanctionner financièrement l’ensemble de la rédaction pour fait de grève. Cette grève était une réaction au non respect préalable par la SNP de la CCT et à la non entrée en matière de la direction concernant le chômage partiel.

Par ailleurs, Jacques Matthey a informĂ© la Sprei que la demande de mise au chĂ´mage partiel est toujours Ă  l’Ă©tude auprès du service de l’emploi du canton de Neuchâtel.

 (CommuniquĂ© de la sociĂ©tĂ© du personnel des rĂ©dactions de L’Express et
L’Impartial)

“L’Express-L’Impartial”: Juste l’histoire d’une chaise vide qui crie

Samedi 22 novembre 2008

Alexandre Caldara figure parmi les journalistes qui ont perdu leur poste Ă  “L’Express-L’Impartial”. Son collègue Jean-Luc Wenger lui rend hommage.

Une chaise vide, juste à côté de moi. Un éclat de rire qui n’éclate plus, un débat sur Guy Debord qui n’aura pas lieu. 

Il écrivait des textes trop long sur des filles à vélo, sur d’autres filles aux capuchons verts. Se passionnait pour un penalty manqué, un solo de Miles Davis, une improvisation de Thelonious Monk. Ou une toile de Jean-François Comment. La chaise vide me parle. 

Il tombait amoureux d’une étiquette de cidre à Willisau ou d’une fille diaphane au bout de la nuit. Evanescents sentiments d’un être trop profond, trop sensible pour un cadre si restreint. Pour lui, pour nous, on lance ce cri à la liberté. Pour cet amoureux de Enrique Vila-Matas et de la crème dans les mille-feuilles. 

Hier, ils l’ont sorti de la cage. Rageusement, sans prévenir. Parce qu’il truffait ses textes de citations, et qu’ils lui en voulaient de ne pas comprendre. Ils ne peuvent pas le savoir, mais ils viennent de lui donner la plus belle chance de sa vie. 

Parce qu’il saura s’épanouir hors de cette prison intérieure, chère à Friedrich Dürrenmatt. Ils s’encoublent aujourd’hui sur leur seuil de Peter, et lui, on l’espère, en rigole. Mais sa chaise vide crie. Et nous, nous pleurons. Il était, paraît-il, difficile de transférer son talent. Il est mieux dehors. A tout de suite, Alex. 

Les journalistes de “L’Express” et “L’Impartial” rendent hommage Ă  leurs collègues sacrifiĂ©s

Vendredi 21 novembre 2008

Ce texte collectif, paru dans les pages de “L’Express” et “L’Impartial” du 21 novembre 2008, se veut aussi un hommage aux quatre journalistes qui ont perdu leur emploi mercredi: Catherine Bex, Alexandre Caldara, Eugenio D’Alessio et Philippe Chopard

Presse régionale

Notre combat pour votre information

«Il faut savoir finir une grève». Dimanche soir à La Chaux-de-Fonds, entre rage et tristesse, le personnel de «L’Impartial» et de «L’Express» met un terme à son action entamée vendredi 14 novembre. L’éditeur vient d’accepter d’entrer en négociation sur le dépôt d’une demande de chômage partiel. Une demande refusée catégoriquement 48 heures auparavant.

Sur la place du Marché, quelque 500 personnes sont venues braver le froid pour soutenir le personnel gréviste. Autant de soutien qui n’ont pas manqué de peser dans un bras de fer bien déséquilibré au départ. Ainsi, les parutions des journaux de samedi et lundi ont laissé penser à certains que le mouvement n’était pas uni. Pourtant les signatures de collègues qui s’y trouvaient n’étaient que celles de journalistes ayant avancé leur travail et non de couards. Aucune plume n’est venue transgresser la décision prise à l’unanimité vendredi par la société du personnel de cesser le travail. Les journalistes ayant quitté leur poste après la non-entrée en matière de la direction, certains articles non terminés ont été retravaillés par «des cadres de l’entreprise». Idem dans l’édition du lundi, où les mêmes cadres ont, cette fois-ci, également commandé des articles à quelques pigistes.  Certains pardonnent, personne n’oublie. Pourtant notre métier, votre information doit vivre. Sur les marchés de La Chaux-de-Fonds et de Neuchâtel samedi, nous nous sommes expliqués, mais nous avons aussi palpé l’inquiétude de la population et répondu à de nombreuses questions sur l’avenir des journaux régionaux. Car au-delà de notre lutte pour sauver l’emploi, vos interpellations ont fait sortir des amphithéâtres le débat sur l’avenir de la presse, l’ont fait descendre dans la rue où se joue votre quotidien. Les études de lectorat ont fait place à un dialogue direct entre rédacteurs et lecteurs. A ceux qui disent que l’on a la presse que l’on mérite, nous pouvons désormais répondre que nos lecteurs ont besoin d’une presse de qualité, régionale et généraliste. Fort de votre soutien, nous ne baisserons pas les bras.

Les journalistes de «L’Express/L’Impartial»

“Nous voulons tout savoir des journalistes du ‘Matin’”

Lundi 10 novembre 2008

Il nous le dit, le nouveau journal : «Le Matin, c’est vous». Il nous invite à réagir par courrier, mail ou sms, à gueuler dans le gueulaphone, à informer la rédaction par tous les moyens sur la vie vécue des gens publics lorsqu’ils sont vus par nous, les gens moyens.

Il faut donc en prendre acte. C’est une nouvelle expression de la mode citoyenne. Les comités citoyens se substituent aux partis politiques, les cafés citoyens prennent la place des parlements, les initiatives citoyennes occupent le terrain des droits populaires; les journalistes citoyens devaient donc tôt ou tard suppléer les journalistes. Encouragement immédiat dès à présent à saisir, l’occasion s’en présentant, la vie des gens publics dans leurs activités privées sur nos téléphones photographiques.

A nos yeux, la presse - même et peut-être surtout populaire - est un contre-pouvoir démocratiquement indispensable, dont le statut et l’honneur ne peuvent ni ne doivent être confondus avec la traque de personnalités publiques dans leur vie privée.

Ou alors il faut assumer la nouvelle posture de son journal et accepter que le tri des informations est également tributaire du statut, des mœurs et de la vie de la rédaction en chef.

L’information sur la vie de celles et ceux qui nous informent nous paraît à ce titre en tout cas aussi éclairante que celle publiée sur ceux qui nous gouvernent.

Nous appelons dès lors toute personne qui pourrait nous transmettre des documents éclairants, photos volées, anecdotes croustillantes, écarts de conduite, mœurs, amours et compagnonnages de ces personnalités publiques que sont les journalistes du Matin, rédactrice en chef comprise, à nous les transmettre pour publication sur un site internet dédié.

D’accord avec Madame Dayer pour le journalisme citoyen: personnalité publique, elle veut tout savoir des personnalités publiques. Nous voulons tout savoir d’elle et de ses adjointes et adjoints.

Martine Kurth, Neuchâtel

Matthieu Béguelin, Neuchâtel

Puis:

Bernard Attinger, Sion

Belul-Beni Bajrami, Neuchâtel

Laurence Boegli, Neuchâtel

Philippe Boisadan, St-Aubin

Anne-Catherine Bolay Bauer, La Chaux-de-Fonds

Patrick Bourquin, Cormondrèche

Yves Carraux, Neuchâtel

Patrick Carruzzo, Sion

Mario Castioni, Neuchâtel

Michel Clavien, Muraz/Sierre

François Cuche, Val-de-Ruz

Jean-Jacques Delémont, La Chaux-de-Fonds

Pierre Dubois, Neuchâtel

Claude-Eric Hippenmeyer, La Chaux-De-Fonds

Daniel Huguenin-Dumittan, Les Hauts-Geneveys

Théo Huguenin Elie, La Chaux-de-Fonds

Baptiste Hurni, Val-de-Travers

Jean-Pierre Jelmini, Neuchâtel

>Marie-France Joly, Neuchâtel

Jean-Nathanaël Karakash, Fleurier

Nathalie Fellrath, Marin

Silvia Locatelli, La Chaux-de-Fonds

Raymond Maridor, Neuchâtel

Alain Meyrat, La Chaux-de-Fonds

Daniel Monnin, Neuchâtel

Céline Müller, La Chaux-de-Fonds

Silva Müller-Devaud, Neuchâtel

Bertrand Nussbaumer, Peseux

Nicolas de Pury, Neuchâtel

Patricia de Pury, Neuchâtel

Loyse Renaud-Hunziker, La Chaux-de-Fonds

Nicolas Soguel, Valangin

Fabienne Spichiger, Neuchâtel

Laurent De Weck, Neuchâtel

Henri Wetli, Neuchâtel

Le rugissement d’un vrai journaliste

Lundi 17 mars 2008

Aux éditions Zoé, Marlyse Pietri a renvoyé le manuscrit à son auteur. Il faut donc remercier l’éditeur Slatkine d’avoir eu le ventre d’accepter de publier ce puissant  plaidoyer pour le journalisme qui vaut mieux que la page “maison et jardin” consacrée à Roger de Diesbach dans le dernier cahier économique d’un hebdomadaire du dimanche. Un comble pour ce journaliste qui se bat contre la futilité dans les médias, justement.

Il est vrai qu’un journal placé au centre de la société du Produit, où la pub et le rédactionnel copulent sans pudeur, peut difficilement cautionner les propos rugueux tenus par le journaliste fribourgeois dans ce livre dont les quarante chapitres sont autant d’hommages à l’information critique et au travail d’investigation. Du trésor du FNL à la bombe Pilatus, en passant par Genoud, Tannouri, Nestlé, Mobutu, les fonds juifs ou le Sri Lanka,  quarante histoires de l’histoire d’un article ou d’une série d’articles, à mettre en exergue dans les écoles de journalisme.

Roger de Diesbach a toujours détesté le conformisme dans les rédactions, il ne méprise rien tant que les géraniums dans les sanatoriums. “On ne peut pas faire le journalisme d’investigation sans esprit critique, sans aller à contre-courant, casser des certitudes, sans prendre le contre-pied des dogmes de l’officialité, sans un sens certain de la provocation”.

L’ouvrage est aussi un regard sans concession sur le monde de l’édition et les bagarres fort peu chevaleresques qui l’animent. Toutes les bassesses, tous les coups sont permis dans ce secteur qui cultive un goût maladif du secret. A l’instar du citoyen Kane, les gens de presse ont horreur du regard extérieur, et pour cause. Leurs motivations ne sont pas toujours aussi nobles que le voudrait une information au service d’un idéal.

Captivé, le lecteur de la Lettre hebdomadaire le sera sans doute par le chapitre consacré au “Journal de Genève et Gazette de Lausanne” dont l’auteur confirme à plusieurs reprises qu’il a été assassiné. Diesbach pèse ses mots, il a travaillé plusieurs années dans ce quotidien où il a réussi en partie à révolutionner les méthodes de travail en les orientant vers un journalisme moins inféodé aux diktats d’une caste d’enfants gâtés. Au moment de la mise à mort du Journal, il avait déjà quitté le navire depuis deux ans, embarqué sur le voilier de “La Liberté”. Mais son esprit n’a jamais vraiment quitté la rue de Hesse, comme en témoignent ses appels au sauvetage et à l’indépendance du titre, écrits depuis Fribourg.

Christian Campiche

“Presse futile, Presse inutile - Plaidoyer pour le journalisme” par Roger de Diesbach, Slatkine 2007, 472 pages.