Archive pour novembre 2008

Le rĂ©dacteur en chef de L’Express et L’Impartial est exclu de l’Association neuchâteloise des journalistes

Dimanche 30 novembre 2008

L’Association neuchâteloise des journalistes nous a fait parvenir le communiquĂ© suivant:

“L’Association neuchâteloise des journalistes (ANJ) condamne les agissements de la direction de la SociĂ©tĂ© neuchâteloise de presse (SNP) et exclut de ses rangs le rĂ©dacteur en chef des deux quotidiens neuchâtelois. Elle regrette que le canton ait dĂ» refuser l’octroi du chĂ´mage partiel.”

“RĂ©unis en assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale ordinaire Ă  Cortaillod (NE), les membres de l’Association neuchâteloise des journalistes (ANJ), section d’Impressum, ont pris note des dĂ©cisions prises par la direction de la SociĂ©tĂ© neuchâteloise de presse (SNP) Ă  l’issue du mouvement de grève de la rĂ©daction des quotidiens « L’Express » et « L’Impartial ». La totalitĂ© du personnel rĂ©dactionnel, exceptĂ© ses membres alors en vacances ou en arrĂŞt maladie, a vu son salaire de novembre amputĂ© de l’Ă©quivalent d’un jour de travail. En outre, trois collègues ont Ă©tĂ© dĂ©mis de leurs fonctions d’adjoints Ă  la rĂ©daction en chef. Pour deux d’entre eux, la mesure impliquera, Ă  l’issue des mois de dĂ©dite applicables, une perte salariale permanente. En outre, elle affaiblit clairement le staff chargĂ© de piloter la nouvelle formule du journal, censĂ© miser sur la qualitĂ© d’une information rĂ©gionale que dit vouloir viser le rĂ©dacteur en chef Nicolas Willemin.”

“L’ANJ dĂ©nonce avec vigueur les pratiques directoriales de la SNP, de nature Ă  dĂ©stabiliser le personnel des rĂ©dactions et Ă  prĂ©tĂ©riter l’avenir mĂŞme des deux quotidiens.”

“En ce qui concerne le dĂ©classement de StĂ©phane Devaux, dĂ©lĂ©guĂ© de la SociĂ©tĂ© du personnel des rĂ©dactions de « L’Express » et de « L’Impartial » (Sprei), l’ANJ constate qu’elle sanctionne un rĂ©dacteur rĂ©gulièrement Ă©lu par le personnel pour le reprĂ©senter. La sanction qu’il subit, mĂŞme si deux collègues non-membres de la dĂ©lĂ©gation sont Ă  la mĂŞme enseigne, est indĂ©niablement de nature Ă  dissuader Ă  l’avenir d’autres collègues d’accepter un tel mandat, pourtant prĂ©vu par la Convention collective (CCT) qui lie l’Ă©diteur et Impressum. En tant que telle, cette sanction constitue une tentative d’intimidation inadmissible contre un porte-parole qui n’a fait qu’accomplir loyalement le mandat qui lui a Ă©tĂ© confiĂ©.”

“Les agissements de la direction de la SNP ne respectent au demeurant ni l’esprit, ni la lettre des relations entre partenaires sociaux. En prenant de telles mesures, la direction viole le principe de la bonne foi. L’ANJ s’indigne que l’un des signataires d’une convention s’autorise, quelques jours après l’avoir signĂ©e, Ă  prendre des mesures unilatĂ©rales hostiles Ă  l’autre partie.”

“L’ANJ dĂ©plore que la direction de la SNP, au lieu de calmer le jeu et de se battre pour recrĂ©er un climat de travail le plus sain possible – dans l’intĂ©rĂŞt mĂŞme de l’entreprise – ait choisi la voie de l’humiliation et de la division.”

“L’ANJ exige que ces dĂ©cisions soient annulĂ©es et que les Ă©ventuelles restructurations et redĂ©finitions de postes soient l’objet d’un moratoire jusqu’à plus ample informĂ©e sur le projet rĂ©dactionnel.”

“Enfin, l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’ANJ a votĂ© par 38 oui et une abstention l’exclusion de Nicolas Willemin, rĂ©dacteur en chef de « L’Express » et de « L’Impartial », de sa qualitĂ© de membre de l’ANJ. La dĂ©cision est motivĂ©e par le fait qu’en se rangeant totalement du cĂ´tĂ© de la direction gĂ©nĂ©rale de la SNP, dont il est par ailleurs membre de plein droit, Nicolas Willemin n’a plus sa place dans notre association.”

Association neuchâteloise des journalistes

GrĂ©vistes sanctionnĂ©s Ă  L’Express et L’impartial

Vendredi 28 novembre 2008

La dĂ©lĂ©gation de la sociĂ©tĂ© du personnel des rĂ©dactions de L’Express et L’Impartial (Sprei) a rencontrĂ© Jacques Matthey, directeur gĂ©nĂ©ral de la SNP, mercredi 26 novembre 2008 à 16h30.

Ce dernier lui a communiqué les informations suivantes concernant les conséquences de la grève débutée vendredi 14 novembre à 15 heures.

La direction de la SNP a décidé une retenue de salaire de 1 jour complet pour chaque gréviste, au prorata du temps de travail.
Jacques Matthey a pourtant reconnu que le prĂ©judice Ă©conomique de la grève Ă©tait “faible” pour l’entreprise. Les recettes publicitaires n’ayant pas Ă©tĂ© touchĂ©es.

La Sprei regrette ces mesures de rĂ©torsion qui ne vont pas dans un sens d’apaisement entre la direction et les membres de la rĂ©daction. Elle dĂ©plore que la direction de la SNP, au lieu de calmer le jeu et de se battre pour recrĂ©er un climat de travail le plus sain possible – dans l’intĂ©rĂŞt mĂŞme de l’entreprise – ait choisi la voie de la sanction et de la division.

Elle regrette Ă©galement la dĂ©cision de dĂ©mettre trois collègues de leurs fonctions d’adjoints Ă  la rĂ©daction en chef. Jacques Matthey a justifiĂ© leur dĂ©classement par le fait qu’un cadre doit se ranger du cĂ´tĂ© de la direction, et que ce “statut hybride” ne pouvait ĂŞtre maintenu.

La Sprei condamne la décision prise par la direction de sanctionner financièrement l’ensemble de la rédaction pour fait de grève. Cette grève était une réaction au non respect préalable par la SNP de la CCT et à la non entrée en matière de la direction concernant le chômage partiel.

Par ailleurs, Jacques Matthey a informĂ© la Sprei que la demande de mise au chĂ´mage partiel est toujours Ă  l’Ă©tude auprès du service de l’emploi du canton de Neuchâtel.

 (CommuniquĂ© de la sociĂ©tĂ© du personnel des rĂ©dactions de L’Express et
L’Impartial)

“L’Express-L’Impartial”: Juste l’histoire d’une chaise vide qui crie

Samedi 22 novembre 2008

Alexandre Caldara figure parmi les journalistes qui ont perdu leur poste Ă  “L’Express-L’Impartial”. Son collègue Jean-Luc Wenger lui rend hommage.

Une chaise vide, juste à côté de moi. Un éclat de rire qui n’éclate plus, un débat sur Guy Debord qui n’aura pas lieu. 

Il écrivait des textes trop long sur des filles à vélo, sur d’autres filles aux capuchons verts. Se passionnait pour un penalty manqué, un solo de Miles Davis, une improvisation de Thelonious Monk. Ou une toile de Jean-François Comment. La chaise vide me parle. 

Il tombait amoureux d’une étiquette de cidre à Willisau ou d’une fille diaphane au bout de la nuit. Evanescents sentiments d’un être trop profond, trop sensible pour un cadre si restreint. Pour lui, pour nous, on lance ce cri à la liberté. Pour cet amoureux de Enrique Vila-Matas et de la crème dans les mille-feuilles. 

Hier, ils l’ont sorti de la cage. Rageusement, sans prévenir. Parce qu’il truffait ses textes de citations, et qu’ils lui en voulaient de ne pas comprendre. Ils ne peuvent pas le savoir, mais ils viennent de lui donner la plus belle chance de sa vie. 

Parce qu’il saura s’épanouir hors de cette prison intérieure, chère à Friedrich Dürrenmatt. Ils s’encoublent aujourd’hui sur leur seuil de Peter, et lui, on l’espère, en rigole. Mais sa chaise vide crie. Et nous, nous pleurons. Il était, paraît-il, difficile de transférer son talent. Il est mieux dehors. A tout de suite, Alex. 

Les journalistes de “L’Express” et “L’Impartial” rendent hommage Ă  leurs collègues sacrifiĂ©s

Vendredi 21 novembre 2008

Ce texte collectif, paru dans les pages de “L’Express” et “L’Impartial” du 21 novembre 2008, se veut aussi un hommage aux quatre journalistes qui ont perdu leur emploi mercredi: Catherine Bex, Alexandre Caldara, Eugenio D’Alessio et Philippe Chopard

Presse régionale

Notre combat pour votre information

«Il faut savoir finir une grève». Dimanche soir à La Chaux-de-Fonds, entre rage et tristesse, le personnel de «L’Impartial» et de «L’Express» met un terme à son action entamée vendredi 14 novembre. L’éditeur vient d’accepter d’entrer en négociation sur le dépôt d’une demande de chômage partiel. Une demande refusée catégoriquement 48 heures auparavant.

Sur la place du Marché, quelque 500 personnes sont venues braver le froid pour soutenir le personnel gréviste. Autant de soutien qui n’ont pas manqué de peser dans un bras de fer bien déséquilibré au départ. Ainsi, les parutions des journaux de samedi et lundi ont laissé penser à certains que le mouvement n’était pas uni. Pourtant les signatures de collègues qui s’y trouvaient n’étaient que celles de journalistes ayant avancé leur travail et non de couards. Aucune plume n’est venue transgresser la décision prise à l’unanimité vendredi par la société du personnel de cesser le travail. Les journalistes ayant quitté leur poste après la non-entrée en matière de la direction, certains articles non terminés ont été retravaillés par «des cadres de l’entreprise». Idem dans l’édition du lundi, où les mêmes cadres ont, cette fois-ci, également commandé des articles à quelques pigistes.  Certains pardonnent, personne n’oublie. Pourtant notre métier, votre information doit vivre. Sur les marchés de La Chaux-de-Fonds et de Neuchâtel samedi, nous nous sommes expliqués, mais nous avons aussi palpé l’inquiétude de la population et répondu à de nombreuses questions sur l’avenir des journaux régionaux. Car au-delà de notre lutte pour sauver l’emploi, vos interpellations ont fait sortir des amphithéâtres le débat sur l’avenir de la presse, l’ont fait descendre dans la rue où se joue votre quotidien. Les études de lectorat ont fait place à un dialogue direct entre rédacteurs et lecteurs. A ceux qui disent que l’on a la presse que l’on mérite, nous pouvons désormais répondre que nos lecteurs ont besoin d’une presse de qualité, régionale et généraliste. Fort de votre soutien, nous ne baisserons pas les bras.

Les journalistes de «L’Express/L’Impartial»

Les journalistes neuchâtelois combattent pour la libertĂ© de l’information

Lundi 17 novembre 2008

Les journalistes de L’Express et L’Impartial ont repris le travail lundi 17 novembre après le mouvement de grève de deux jours entamé le 14 novembre. L’arrĂŞt de travail Ă©tait intervenu après le refus de l’Ă©diteur de nĂ©gocier sur dix suppressions de postes, soit un quart de l’effectif rĂ©dactionnel. Les nĂ©gociations avec la sociĂ©tĂ© Ă©ditrice ont abouti Ă  un accord. Quatre postes seront supprimĂ©s dans la rĂ©daction et une demande de chĂ´mage partiel dĂ©posĂ©e auprès des autoritĂ©s cantonales. Si elle est rejetĂ©e, le plan d´économies initial portant sur dix suppressions de postes au total sera appliquĂ©, ont indiquĂ© les parties dans un communiquĂ© commun. Dimanche 16 novembre, une manifestation de soutien Ă  la rĂ©daction a rĂ©uni 300 personnes Ă  la place du MarchĂ©, Ă  la Chaux-de-Fonds. Ce mouvement a aussi pour but de dĂ©fendre la qualitĂ© de l’information, sĂ©rieusement menacĂ©e. Vos rĂ©actions sont bienvenues dans les commentaires ci-dessous.

RĂ©actions des rĂ©dacteurs Ă  l’annonce des mesures d’Ă©conomie Ă  L’Express-L’Impartial (15 suppressions de postes)

Mardi 11 novembre 2008

La page Zoom de «L’Express» et «L’Impartial» tel qu’elle aurait dĂ» paraĂ®tre le 8 novembre 2008:

L'Impartial-L'Express

Après un vote, les rĂ©dacteurs de «L’Express» voulaient de la sorte protester contre l’annonce de 15 suppressions de postes Ă  la SNP et 10 Ă  la rĂ©daction de «L’Express» et «L’Impartial». Toutes les pages auraient dĂ» arborer ce bandeau noir avec l’inscription «15 emplois supprimĂ©s… - L’information disparaĂ®t». La rĂ©daction en chef et la direction ayant refusĂ© la mesure, voici l’objet du dĂ©lit sauvé… des eaux.

“Nous voulons tout savoir des journalistes du ‘Matin’”

Lundi 10 novembre 2008

Il nous le dit, le nouveau journal : «Le Matin, c’est vous». Il nous invite à réagir par courrier, mail ou sms, à gueuler dans le gueulaphone, à informer la rédaction par tous les moyens sur la vie vécue des gens publics lorsqu’ils sont vus par nous, les gens moyens.

Il faut donc en prendre acte. C’est une nouvelle expression de la mode citoyenne. Les comités citoyens se substituent aux partis politiques, les cafés citoyens prennent la place des parlements, les initiatives citoyennes occupent le terrain des droits populaires; les journalistes citoyens devaient donc tôt ou tard suppléer les journalistes. Encouragement immédiat dès à présent à saisir, l’occasion s’en présentant, la vie des gens publics dans leurs activités privées sur nos téléphones photographiques.

A nos yeux, la presse - même et peut-être surtout populaire - est un contre-pouvoir démocratiquement indispensable, dont le statut et l’honneur ne peuvent ni ne doivent être confondus avec la traque de personnalités publiques dans leur vie privée.

Ou alors il faut assumer la nouvelle posture de son journal et accepter que le tri des informations est également tributaire du statut, des mœurs et de la vie de la rédaction en chef.

L’information sur la vie de celles et ceux qui nous informent nous paraît à ce titre en tout cas aussi éclairante que celle publiée sur ceux qui nous gouvernent.

Nous appelons dès lors toute personne qui pourrait nous transmettre des documents éclairants, photos volées, anecdotes croustillantes, écarts de conduite, mœurs, amours et compagnonnages de ces personnalités publiques que sont les journalistes du Matin, rédactrice en chef comprise, à nous les transmettre pour publication sur un site internet dédié.

D’accord avec Madame Dayer pour le journalisme citoyen: personnalité publique, elle veut tout savoir des personnalités publiques. Nous voulons tout savoir d’elle et de ses adjointes et adjoints.

Martine Kurth, Neuchâtel

Matthieu Béguelin, Neuchâtel

Puis:

Bernard Attinger, Sion

Belul-Beni Bajrami, Neuchâtel

Laurence Boegli, Neuchâtel

Philippe Boisadan, St-Aubin

Anne-Catherine Bolay Bauer, La Chaux-de-Fonds

Patrick Bourquin, Cormondrèche

Yves Carraux, Neuchâtel

Patrick Carruzzo, Sion

Mario Castioni, Neuchâtel

Michel Clavien, Muraz/Sierre

François Cuche, Val-de-Ruz

Jean-Jacques Delémont, La Chaux-de-Fonds

Pierre Dubois, Neuchâtel

Claude-Eric Hippenmeyer, La Chaux-De-Fonds

Daniel Huguenin-Dumittan, Les Hauts-Geneveys

Théo Huguenin Elie, La Chaux-de-Fonds

Baptiste Hurni, Val-de-Travers

Jean-Pierre Jelmini, Neuchâtel

>Marie-France Joly, Neuchâtel

Jean-Nathanaël Karakash, Fleurier

Nathalie Fellrath, Marin

Silvia Locatelli, La Chaux-de-Fonds

Raymond Maridor, Neuchâtel

Alain Meyrat, La Chaux-de-Fonds

Daniel Monnin, Neuchâtel

Céline Müller, La Chaux-de-Fonds

Silva Müller-Devaud, Neuchâtel

Bertrand Nussbaumer, Peseux

Nicolas de Pury, Neuchâtel

Patricia de Pury, Neuchâtel

Loyse Renaud-Hunziker, La Chaux-de-Fonds

Nicolas Soguel, Valangin

Fabienne Spichiger, Neuchâtel

Laurent De Weck, Neuchâtel

Henri Wetli, Neuchâtel