Archive pour janvier 2009

Il veut expliquer les raisons de son départ aux lecteurs. Le journal refuse

Samedi 24 janvier 2009

Une lettre de Bernard Walter, ancien rédacteur responsable du Monde du travail

Je soumets mon histoire Ă  infoendanger parce qu’elle soulève Ă  mon sens d’importantes questions de principe.

Voici de quoi il s’agit.

J’ai Ă©tĂ© rĂ©dacteur responsable du Monde du travail, journal du Mouvement populaire des familles (Mpf), d’avril 2006 Ă  fĂ©vrier 2008.
Suite Ă  une divergence Ă  rĂ©pĂ©tition, et me trouvant minorisĂ© dans le groupe de rĂ©daction du journal, j’ai quittĂ© celui-ci. En quelques lignes, Ă  la suite de mon dernier article datant du mois de mars 2008, j’ai expliquĂ© les raisons de mon dĂ©part.
Voici ce que j’avais Ă©crit:

«Suite à un désaccord durable au sein de la rédaction du Monde du travail concernant une critique très ciblée et répétée du régime chinois et de ses pratiques des droits humains, dont on peut voir la teneur dans le numéro de janvier dernier, et défendant un point de vue minoritaire, j’ai le regret de quitter le journal. Je souhaite bonne route à toute l’équipe de rédaction.»

Ces lignes ont Ă©tĂ© supprimĂ©es sans que j’en sois avisĂ©.

C’Ă©tait donc une explication très simple, sans aucun caractère polĂ©mique. Dans le numĂ©ro de janvier, deux articles contradictoires avaient Ă©tĂ© publiĂ©s cĂ´te Ă  cĂ´te sur ce qui constituait pour moi l’essentiel du problème, je n’avais donc pas besoin d’y revenir dans l’information que je donnais sur mon dĂ©part.
D’ailleurs le fait que ces deux articles aient Ă©tĂ© publiĂ©s, donnant la position de chacun, Ă©tait pour moi satisfaisant, et j’estimais que les choses Ă©taient ainsi transparentes. C’Ă©tait sans compter sur l’obstination d’un des membres de la rĂ©daction qui est revenu avec ce sujet en fĂ©vrier. Et nous voilĂ  repartis dans une discussion sans fin, oĂą je me trouvais seul de mon point de vue.

Pourquoi serions-nous forcĂ©s de nous comprendre? Si je me sens devant un mur, et que pour moi, il s’agit de questions essentielles, je n’ai qu’Ă  m’en aller. C’est ce que j’ai fait.
Mais si je m’en vais, comme pour toute personne qui quitte une organisation, je veux bien entendu que les gens appartenant Ă  cette organisation connaissent mes raisons. A plus forte raison si je suis le rĂ©dacteur responsable d’un journal.
C’est une question d’honneur. Je suis un homme de conviction, et je ne quitte pas comme ça, sans autres, un journal, surtout si celui-ci s’engage pour une sociĂ©tĂ© diffĂ©rente.

Je dois mentionner ici un élément important de mon désaccord.
La dĂ©nonciation des atteintes aux droits de l’homme par un membre de la rĂ©daction tirait ses sources des publications du Falun gong. (C’Ă©tait en novembre 2007). Après quelques recherches, je suis parvenu Ă  la conclusion que ce mouvement n’est autre qu’une secte travaillant d’ailleurs main dans le main avec le gouvernement des USA.
J’avais demandĂ© que au moins on retire de l’article la rĂ©fĂ©rence Ă  un reprĂ©sentant au Congrès amĂ©ricain de l’ultradroite, un certain Rohrabacher, lequel, fervent partisan des guerres en Irak et Afghanistan, qualifie l’Etat chinois d’Etat criminel. L’argument que j’ai toujours dĂ©fendu est que les puissances occidentales qui violent les principes Ă©lĂ©mentaires du droit international n’ont de leçon Ă  donner Ă  personne. (Cf Jean Ziegler «La haine de l’Occident»p.13: «Compte tenu des crimes prĂ©sents et passĂ©s commis par l’Occident, elle [Sarala Fernando, ambassadrice de Sri Lanka auprès de l’ONU] tient pour parfaitement indĂ©cent l’invocation des droits de l’homme par un ambassadeur occidental – en quelque circonstance que ce soit. [Beaucoup] de ses collègues pensent exactement comme elle.»)
Ceci m’a Ă©tĂ© refusĂ©, ce Rohrabacher est restĂ© dans l’article, ce qui est pour moi une vilaine tache dans le journal, dont j’Ă©tais «rĂ©dacteur responsable».
On m’a reprochĂ©, en la circonstance de vouloir pratiquer la censure. On m’a reprochĂ© en outre d’aller vĂ©rifier par derrière ce qu’un collègue Ă©crivait.

J’ai exprimĂ© mon point de vue de façon argumentĂ©e Ă  plusieurs reprises auprès de la rĂ©daction du journal et au comitĂ© romand du Mpf. Les seuls arguments que j’ai obtenus en retour ont Ă©tĂ© le fait du secrĂ©taire du mouvement. Ils sont au nombre de trois.

1.Je suis un peu atterré que tu mélanges tout.
2.Je ne ferai pas de commentaires, cela vaut mieux.
3.Tu ne comprends pas tant pis. Mais c’est mieux pour toi.

Et voilĂ . L’information a Ă©tĂ© donnĂ©e aux lecteurs dans le numĂ©ro de mai: «Bernard Walter a pris la dĂ©cision de quitter le journal.» Avec plein de gentilles choses en plus, du style «nous avons apprĂ©ciĂ© son apport de qualité» «nous le remercions sincèrement pour cette collaboration trop courte».
Donc le rédacteur responsable est parti. Comme ça. Sans même se donner la peine de donner une explication.
Je peux imaginer la rĂ©action du lecteur: «On croyait que ce type Ă©tait sĂ©rieux» «Il a fait quoi?» «C’est un peu lĂ©ger, se tirer comme ça sans raison.» Que ce soit une atteinte Ă  ma personne est une chose. Mais en plus, ça ne fait pas de bien au mouvement.
Personne dans le mouvement n’a rĂ©agi. Aucun d’entre eux, tous des gens porteurs de bonnes intentions, n’a de quoi ĂŞtre fier.

Pour faire bref, le journal a refusĂ© totalement de publier les quelques lignes oĂą je m’expliquais sur mon dĂ©part malgrĂ© mes demandes rĂ©pĂ©tĂ©es au nom de la dĂ©ontologie la plus Ă©lĂ©mentaire. «Je pense que les principes de base de la dĂ©ontologie du journalisme vous y obligent» ai-je Ă©crit. Le secrĂ©taire du mouvement m’a finalement assurĂ© qu’il s’en remettrait Ă  la dĂ©cision finale du comitĂ© qui devait se tenir en juin et que j’en serais informĂ© par courrier Ă©lectronique. Je n’ai jamais rien reçu.

VoilĂ . Je ne fais pas de tout cela une question de personne.
Ce que je trouve grave, c’est bien sĂ»r l’atteinte aux principes d’une information correcte et Ă  la pratique d’un fonctionnement dĂ©mocratique qu’une telle façon de procĂ©der suppose.
Mais ce qui m’a le plus gĂŞnĂ© dans cette histoire, c’est que justement cela s’est passĂ© lĂ  oĂą ça ne doit pas se passer. Parce que le Mpf est un mouvement d’une entière indĂ©pendance politique, financière et Ă©conomique. Et que donc son luxe est d’ĂŞtre libre, son luxe est de pouvoir s’exprimer, sans avoir Ă  en rĂ©fĂ©rer Ă  de quelconques instances extĂ©rieures. Et parce que c’est un mouvement engagĂ© pour une sociĂ©tĂ© diffĂ©rente.
Le fait que des personnes censĂ©es ĂŞtre Ă©clairĂ©es et se pensant telles puissent pratiquer de cette manière la loi du silence et la peur d’un vrai dĂ©bat, comme les poules cachent leur tĂŞte sous l’aile, c’est quelque chose qui m’a beaucoup Ă©tonnĂ© et m’a laissĂ© dans une grande perplexitĂ©.

Bernard Walter, Le Sentier

Réponse à Bernard Walter, par Jean Blanchard, secrétaire général du MPF

La démission de Bernard Walter de son poste de rédacteur responsable du Monde du travail, le journal du Mouvement populaire des familles (MPF), a pour origine une divergence sur la dénonciation des violations des droits de l’homme en Chine. Le Monde du travail n’étant pas un organe dogmatique, il a tout de même pu exprimer sa position sur le sujet dans un article paru en janvier 2008  (pages 6 et 7) en parallèle à l’opinion majoritaire du comité de rédaction.

C’est par la suite que Bernard Walter a décidé de quitter ses fonctions au journal et a aussi démissionné du comité romand du MPF. Dès lors, il n’a plus participé aux instances du mouvement quand bien même la séance suivante du comité romand a pris connaissance de sa lettre de démission et faisait donc office d’instance de recours. De même, il aurait pu saisir le congrès du mouvement des 24 et 25 mai 2008 où il était invité comme tout membre du MPF et où les motifs de sa démission ont été communiqués aux participants.

En revanche, la publication de ces motifs dans le journal a été clairement refusée, tant par le Comité de rédaction que par le Comité romand du MPF, pour la raison essentielle que le journal n’est pas un bulletin interne du mouvement mais un vrai journal et que, pour cette raison, les causes de nomination et de départ du rédacteur responsable ou les changements au sein du comité de rédaction n’ont jamais fait l’objet de publication. Ces éléments sont discutés dans les instances du mouvement.

Pour le MPF, cette affaire est close.

Pour le comité de rédaction et le Comité romand du MPF

Jean Blanchard
Secrétaire général du MPF

Une pĂ©tition pour sauver “Der Bund”

Mardi 13 janvier 2009

Le quotidien “Der Bund” est une part de Berne. Créé il y a 160 ans, il entretient la vie politique, économique, culturelle et sociale du canton. Cette institution est pourtant sérieusement menacée. Si rien n’est entrepris, en mars 2009 le couperet pourrait tomber, condamnant le journal à cesser de paraître dans sa forme actuelle. En effet tout porte à croire que le groupe Tamedia mettra à exécution son plan de fusion des titres  “Der Bund” et “Berner Zeitung”. Un nouveau monopole de presse serait ainsi créé au détriment de la qualité de l’information.

Sauvez le “Bund”! Un comité où figurent des parlementaires fédéraux, des personnalités de la finance et des artistes s’est constitué pour empêcher la mort du quotidien bernois. Une pétition circule sur le site www.rettet-den-bund.ch , qui vise à réunir un maximum de signatures. En vue de soutenir des actions ciblées, des dons peuvent être versés au CCP 60-577443-6