Archive pour juin 2009

La presse neuchâteloise recrute des amateurs!

Lundi 29 juin 2009

Annonce parue les 7 et 8 avril 2009. Après s’ĂŞtre sĂ©parĂ©e de plus d’une douzaine de journalistes de L’Express, de L’Impartial et du Courrier Neuchâtelois, La SociĂ©tĂ© Neuchâteloise de Presse (SNP) recrute des “collaborateurs rĂ©dactionnels” - autant dire: des amateurs - pour rĂ©diger des articles payĂ©s entre 20 et 50 francs…

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Michael Jackson Ă  la Une

Vendredi 26 juin 2009

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Lu ailleurs: “LicenciĂ©s au Tagi parce que syndicalistes”

Mardi 23 juin 2009

“Nous sommes un pays dĂ©mocratique, pluraliste, civilisĂ©, fondĂ© sur le partenariat social. Les militants syndicaux, on ne les bute pas en Suisse: on les licencie.”

“Le plus grand groupe de presse de Suisse, Tamedia, a licenciĂ© les deux prĂ©sidents des commissions du personnel de ses deux principaux quotidiens payants, le “Tages Anzeiger” et le “Bund”. Officiellement, leur activitĂ© syndicale n’y est pour rien: ils font simplement partie d’une charrette de soixante licenciĂ©s pour raisons Ă©conomiques (alors que le groupe a rĂ©alisĂ© 106 millions de bĂ©nĂ©fices en 2008). Mais, malencontreux hasard, ils ont Ă©tĂ© licenciĂ©s deux jours après une manifestation d’employĂ©s des deux journaux, en plein processus de fusion.”

“Un hasard, on vous dit. Et contre le hasard, que peut le gouvernement, Ă  part signer un «partenariat» pour dĂ©fendre les droits syndicaux chez les autres ? Le Conseil fĂ©dĂ©ral refuse de prĂ©voir dans la loi suisse la rĂ©intĂ©gration des syndicalistes licenciĂ©s parce que syndicalistes.”
(Extrait de l’éditorial de Pascal Holenweg sur son blog http://causetoujours.blog.tdg.ch)

Rapport d’activité 2008-2009

Mardi 16 juin 2009

Rapport d’activitĂ© 2008-2009 d’info-en-danger, prĂ©sentĂ© lors de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale du 3 juin 2009 Ă  Lausanne

Une année s’est écoulée depuis notre dernière AG qui s’est tenue le 22 mai 2008. Depuis le monde a vécu un krach boursier auquel s’est ajouté un krach médiatique. Je ne vais pas énumérer le nombre de rédactions qui ont fait l’objet de mesures douloureuses, voire le nombre de titres qui ont tout simplement disparu de la scène. En Suisse romande, l’événement le plus spectaculaire est évidemment la reprise d’Edipresse par le groupe zurichois Tamedia. Mais il ne faut pas sousestimer non plus les nuages qui s’accumulent sur les médias audiovisuels - radio-TV - en proie à la convergence, aimable métaphore pour parler de fusion.

Dans ce climat délétère, notre association a joué son rôle à plusieurs degrés. Je rappelle que les statuts d’info-en-danger, adoptés en 2006, lui donnent comme buts “la défense de l’éthique journalistique, de la liberté d’expression et de la dignité de la profession de journaliste, telles que définies dans la Déclaration des devoirs et des droits des journalistes”. Or il est clair que les difficultés auxquelles sont confrontés les médias, qui se traduisent par des réductions d’effectifs et des mesures d’économies tous azimuts, ne constituent pas les conditions idéales à la réalisation de ces objectifs.

Pour la première fois, des confrères en difficulté ont pu bénéficier de l’infrastructure  logistique patiemment mise en place par info-en-danger par le biais de son site internet www.infoendanger.net. Je pense bien sûr aux journalistes de “L’Express” et “L’Impartial” qui se sont mis en grève en novembre dernier, en réaction à la quinzaine de licenciements, 20% de l’effectif, annoncée par la direction. Notre site a véhiculé plusieurs dizaines des messages de soutien aux consoeurs et confrères neuchâtelois. Des témoignages souvent poignants provenant de tous les milieux du lectorat. A noter que l’action d’infoendanger n’est pas passée inaperçue hors de notre landerneau puisqu’elle a été relayée notamment dans “Le Matin Dimanche”.

Fait marquant pendant la grève, les calicots n’exprimaient pas la recherche de la pitié, le pauvre journaliste touché par la crise, mais mettaient en garde contre les atteintes à la qualité rédactionnelle. J’y vois là, et cela m’a été confirmé par l’un ou l’autre des journalistes de neuchâtelois, une conséquence positive de l’action d’info-en-danger dont l’un des chevaux de bataille est la défense de la démocratie qui passe par l’exigence du travail professionnel non inféodé aux directives des annonceurs et du marketing.

Une autre activité d’info-en-danger est sa présence dans les débats sur la presse. En 2008, nous avons continué notre mission de pélerinage au hasard de manifestations en Suisse romande. C’est ainsi que le 24 septembre 2008, j’ai été invité à débattre de la concentration des médias au Club 44 à la Chaux-de-Fonds dans le cadre du 140e anniversaire du journal “Le Courrier”. Le 14 mars dernier, c’est Gauchebdo qui organisait une table ronde devant un large public à Renens sur le thème de la diversité de la presse. Chaque fois, il y avait de l’autre côté de la table un représentant des éditeurs.

Les articles, enfin. En septembre 2008, j’ai Ă©crit dans “Universitas”, l’organe de l’UniversitĂ© de Fribourg. Le thème: “L’info, sacrifiĂ©e au dieu consumĂ©riste”, oĂą je reprends les thèmes chers Ă  l’info-en-danger. En novembre 2008, c’est dans un travail de maturitĂ©… en allemand “Medien und Manipulation - Der Einfluss der Französischen Zeitungen” que nos thèses ont Ă©tĂ© citĂ©es. Les auteures: Elvira Molnar et Sarah Golaz, du Gymnase Auguste Piccard Ă  Lausanne.

Un regret personnel, pour conclure. Je m’étais promis, l’an dernier à la même époque, de suivre la Conférence des rédacteurs en chef, un promontoire dont la responsabilité n’est pas moindre dans le combat que nous menons pour la qualité de l’information. Cette enceinte a un nouveau président en la personne de Peter Rothenbühler. Faute de temps, je n’ai pas pu remplir cette mission. Ce n’est que partie remise, je l’espère.

Christian Campiche, membre du comitĂ© d’info-en-danger