Archive pour novembre 2009

Le copain du fabricant de meubles Ă  la rescousse

Lundi 30 novembre 2009

Dans les Ă©ditions du samedi de 24 Heures, de plus en plus d’articles mĂ©langent contenu rĂ©dactionnel et promotionnel. Ainsi l’Ă©dition du 31 octobre 2009 fait-elle la gloire de la bibliothèque de rangement «Billy» d’un gĂ©ant suĂ©dois du meuble Ă  construire chez soi.

Pour Ă´ter au lecteur l’impression d’avoir affaire Ă  un publireportage dĂ©guisĂ©, le journal pousse l’investigation Ă  son comble en demandant son avis Ă  Pierre Keller, copain du patron de la boĂ®te suĂ©doise en question qui a fait un don de 500′000 francs Ă  l’ECAL… que Keller dirige. Lequel Keller nous fait cette rĂ©vĂ©lation Ă  couper le souffle: «Je n’ai plus de Billy. Mais j’en ai eu plusieurs!».

A force de supprimer des postes de journalistes, Edipresse va toucher le fond. La mal-info reprend de la vigueur.

Yves Sancey

(Article paru dans m-magazine, le journal de comedia, N° 11 - novembre 2009)

Licenciements chez Edipresse: la couverture contrastée des médias

Vendredi 6 novembre 2009

Il n’est pas inintĂ©ressant d’observer comment les mĂ©dias ont couvert la colère des journalistes après les licenciements massifs chez Edipresse. Très logiquement, La LibertĂ© et Le Courrier, des journaux qui n’appartiennent pas au groupe lausannois, ont accordĂ© de larges espaces aux Ă©vĂ©nements des derniers jours. 20 Minutes et 24 Heures ont publiĂ© une belle photo du dĂ©filĂ© du 4 novembre Ă  l’avenue de la Gare. Le Temps s’est limitĂ© Ă  une brève et Le Matin a passĂ© complètement sous silence la manifestation Ă  laquelle participaient pourtant nombre de ses employĂ©s. CĂ´tĂ© audiovisuel, le comportement a Ă©tĂ© tout aussi contrastĂ©. La TSR Ă©tait très prĂ©sente lors du sit-in en dessous de la tour Edipresse, puis l’après-midi devant l’imprimerie Ă  Bussigny. En revanche la Radio ne s’est manifestĂ©e que par une couverture sporadique. Le silence a mĂŞme Ă©tĂ© assourdissant dans certaines Ă©missions grand public. Vive la solidaritĂ©!

Sauvez les photographes!

Vendredi 6 novembre 2009

La journée de jeudi 5 novembre 2009 a été placée sous le slogan: «Debout pour la défense du journalisme!».

Des reprĂ©sentants des associations concernĂ©es ont presentĂ© une pĂ©tition Ă  Presse Suisse  et ont invitĂ© cette organisation d’Ă©diteurs Ă  ouvrir un dialogue direct entre les photographes et les Ă©diteurs.

Remise de la pétition

Il s’agit de sauver la photographie de presse qui est menacĂ©e par les conditions toujours plus prĂ©caires dans lesquelles doivent Ă©voluer les photographes - en particulier les libres.

Licenciements chez Edipresse: le rythme fatal*

Mardi 3 novembre 2009

Terminée, la crise? Allez le raconter aux autres, pas aux journalistes! Ni aux imprimeurs. Encore moins aux régies d’annonces. Et dire que la publicité est censée devancer l’évolution conjoncturelle! D’autres secteurs n’auraient donc encore rien vu?

Les médias mangent leur pain noir. Comme la couleur du nuage qui s’est échappé des soutes du navire amiral Edipresse, il y a quelques jours. Deux explosions dans un transformateur enchaîné aux chevilles du colosse ont suffi à déstabiliser l’alimentation en électricité du centre de Lausanne. Cette âcre fumée était aussi un mauvais présage.

Edipresse sacrifie 10% de ses effectifs et Tamedia prétend n’être pour rien dans ce carnage. On veut bien, mais il faut quand même faire preuve de naïveté pour croire que le groupe zurichois se tient en observateur absolument passif. Pourquoi ses comptables attendraient-ils jusqu’en 2011, date de la remise du trousseau de clés au complet, pour demander l’accès aux passages secrets de l’empire lémanique? Tout acquéreur sensé, surtout s’il débourse plusieurs centaines de millions, vérifie tout de suite l’état réel de santé de sa nouvelle conquête. Que découvriront les inspecteurs de M. Subino, le patron de Tamedia? Nul ne le sait encore, mais ce ne sera certainement pas l’antre de Crésus.

Ce massacre du 9 octobre restera gravé dans les mémoires car le cas d’Edipresse n’est malheureusement pas isolé et symbolise la fin d’une ère pour la presse romande. Celle où les journaux parvenaient à octroyer à leur personnel des conditions de travail décentes, compatibles avec les exigences d’une information crédible.

Suppressions d’emplois, mises à la retraite anticipée, non-remplacements et autres dommages irréversibles pour cause de mobbing s’enchaînent aujourd’hui partout à un rythme fatal. Cumulées, ces entraves rendent la mission civique des journalistes impossible.

Christian Campiche

* Article paru dans La Liberté du 10 octobre 2009, dans la revue EDITO (No 4 2009) et sur le site www.lameduse.ch